Section de Wittelsheim-Bollwiller
Section de Wittelsheim-Bollwiller

Lettre à Jean-Christophe Cambadélis

Suite aux élections régionales, la section a envoyé la lettre ci-dessous à Jean-Christophe Cambadélis :

Cher camarade,

C’est une section du fin fond du bassin potassique en Alsace, qui n’est pas coutumière des cris de colère, qui écrit aujourd’hui au premier secrétaire du Parti Socialiste.

Nous étions réunis en section lundi soir et tous les militants(es) présents(es), 13 sur 17 à jour de cotisation, ont exprimé leur souffrance sinon leur colère.

Nous sommes des militants de longue date du Parti Socialiste et, pour certains d’entre nous depuis le congrès d’Epinay. Nous avons le sentiment d’être bafoués et d’être rejetés. Mais nous gardons notre fierté d’être socialiste.

Comment notre parti, une heure et demie après les premières estimations du premier tour, peut-il appeler au retrait des listes socialistes de trois régions, sans même avoir attendu que les différentes têtes de listes se soient exprimées et sans débat interne ?

Pour ce qui concerne notre liste, celle pour laquelle nous avons usé nos chaussures et consacré notre temps et notre énergie pendant la campagne, s’entendre dire le soir même: retirez-vous ! Quelle claque !

Notre colère est d’autant plus grande que notre parti a investi Philippe Richert, qui s’était pourtant très violemment opposé à la création de cette nouvelle région. Notre parti a désavoué sa propre liste pour une de droite.

Et maintenant, les colistiers de la liste Masseret, même responsables d’une fédération, ayant appelé au retrait de leur liste et ayant appelé à voter pour la liste de Richert, siègeraient comme élus de la liste contre laquelle ils ont fait campagne au second tour ?

Dans ce cas, il ne s’agit pas uniquement de politique mais aussi d’éthique dont chacun(e) est  comptable.

C’est incompréhensible et inenvisageable pour nous, militants et, au-delà, pour les électeurs fidèles aux idées de gauche, que l’on encourage ainsi à se détourner au peu plus de notre parti et des urnes.

C’est donner là une image détestable d’une lutte fratricide bien éloignée de nos idéaux socialistes. Ils ne font qu’accréditer l’idée que tous les élus, de droite ou de gauche, sont les mêmes. Et qu’ils n’ont été candidats que pour siéger et toucher leur solde !

Puisque le parti est si prompt à donner des directives, pourquoi ne pas appeler ces élus « malgré eux » à aller au bout de leur raisonnement et se retirer réellement ?

Pour certains d’entre nous, tout cela prépare une disparition du Parti Socialiste, à laquelle nous ne nous résignons pas et à laquelle nous n’adhérerons jamais.

Voilà, cher camarade, nous espérons avoir été suffisamment clairs et être entendus.

Amitiés socialistes

Wittelsheim, 

Le  décembre

 

 

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